Un deuxième confinement : à quel prix ?

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Après un bon troisième trimestre (+18,2 %), l’activité économique en France est, en rechute avec le deuxième confinement. La Banque de France estime que le recul d’activité devrait atteindre 12 % en novembre, cette prévision étant un peu plus faible que celle du ministère de l’Économie (-20 %). L’une comme l’autre ne prend pas en compte le maintien éventuel d’un confinement en décembre qui aurait des effets bien plus importants par effets cumulatifs et par le fait que la fin d’année est cruciale pour la réalisation du chiffre d’affaires dans de nombreux secteurs.

En octobre, l’activité en France était en retrait en raison du durcissement des mesures sanitaires et du poids des incertitudes économiques. Au niveau de l’industrie, le taux d’utilisation des capacités de production en octobre était de 73 %, contre 79 % avant la crise. Avant le confinement, une légère progression était observée dans l’automobile (de 71 à 73 % de septembre à octobre). Si elle perdurait, la fermeture des concessions devrait provoquer l’arrêt des sites de production et donc se traduire par une forte montée du chômage partiel dans ce secteur. Dès le mois d’octobre, la production chimique était orientée en baisse (de 77 à 75 %), tout comme celles de la métallurgie (de 67 à 66 %) et de l’habillement (de 69 à 68 %). Si l’industrie pharmaceutique fonctionne à plein régime (taux d’utilisation des capacités de production de 81 %), en revanche le secteur aéronautique est à 65 % de ses capacités. Avant le deuxième confinement, la situation dans les services était très diverse en fonction des secteurs. La restauration et l’hébergement étaient en nette sous-activité (47 % de l’activité normale pour l’hébergement et 62 % pour la restauration en octobre), l’édition, les services d’information ou les activités juridiques et comptables avaient retrouvé un niveau normal. Au total, les services marchands fonctionnaient à 87 % en octobre, contre 89 % en septembre. Dans le bâtiment, l’activité en octobre était proche de la normale.

Moins strict = moins grave

Dans le cadre de l’enquête mensuelle de la Banque de France en octobre, les chefs d’entreprise ont indiqué que leur trésorerie se dégradait et qu’elle était inférieure à son niveau d’avant crise. Avec le reconfinement, ils s’attendent à une chute d’activité pour le mois de novembre. Le repli serait modéré dans l’industrie et le bâtiment et serait beaucoup plus marqué dans les services, à l’exception de certains services aux entreprises. Les effets de ce deuxième confinement seront moindres en raison de l’expérience acquise avec le premier et des modalités moins strictes. Plusieurs secteurs devraient néanmoins être fortement touchés : la restauration, l’hébergement, le commerce de détail (produits non essentiels), les transports, la location de voitures, etc. Plus le confinement durera, plus la baisse d’activité s’accentuera en raison des difficultés rencontrées pour écouler la marchandise produite.

Selon la Banque de France, le deuxième confinement aura comme conséquence une contraction d’activité de 12 % pour le mois de novembre. Lors du premier confinement, la perte était de 31 % pour les semaines du mois d’avril. Selon le gouverneur de la Banque de France, le PIB devrait reculer entre 9 et 10 % cette année.

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