Humilité et sens des responsabilités : les valeurs qui doivent guider nos décisions dans cette crise

Pierre Minodier

Nous vivons tous depuis quelques jours des moments particulièrement anxiogènes. Cette inquiétude est alimentée et amplifiée pour une bonne part par les polémiques provoquées sur les réseaux sociaux.

Un tel fustige les décisions du gouvernement. Tel autre s’indique qu’une décision évidente n’ait pas encore été prise ou que tel phénomène n’ait pas été anticipé. Faut-il que le confinement soit plus strict et que les entreprises des secteurs non essentiels stoppent leur activité ? Beaucoup ont un avis sur tout, et surtout un avis. Beaucoup savent ce qu’il faut faire pour sortir de cette crise, ou ce qu’il aurait fallu faire pour ne pas y entrer.

Humilité

Ce que nous vivons aujourd’hui doit nous inciter à faire preuve d’une grande qualité : l’humilité. L’analyse rétrospective des événements ne doit pas nous faire oublier l’incertitude fondamentale dans laquelle se trouvent les décideurs quand les problèmes se posent. « Gouverner, c’est prévoir », dit l’adage. C’est vrai quand on a affaire à des événements qui se sont déjà produits dans le passé. Or ce qui nous arrive est tout à fait inédit et établir des prédictions dans ces conditions s’avère un exercice très périlleux, pour ne pas dire impossible. Il y a des événements dont le surgissement n’est ni prédictible ni calculable. Les réponses sont donc à inventer.

Les décideurs, à l’échelle d’un pays ou d’un collectif, n’ont pas la science infuse ; ils ne sont pas non plus dotés de pouvoirs de divination. Les décideurs sont des êtres humains comme les autres. Ils se trouvent eux aussi immergés dans un épais brouillard et se demandent dans quelle direction engager le pas d’après. Ils prennent des décisions en fonction des informations dont ils disposent, et ces informations changent constamment. Ces informations viennent conforter des décisions déjà prises ou les invalider.

Et sens des responsabilités

Mais ce qui distingue les décideurs des autres, c’est leur niveau de responsabilité. Les choix qu’ils sont amenés à faire ont des conséquences sur la vie d’autres personnes. D’où l’importance de l’éthique, de la boussole des valeurs avec laquelle ils orientent leurs actions.

Aujourd’hui, de nombreux entrepreneurs doivent décider s’ils continuent ou arrêtent leurs activités. Il n’y a pas de bons ou de mauvais choix, mais des choix fait en conscience. Ce qui doit guider nos choix, c’est le respect de la personne. L’important, c’est la vie. Aussi est-il essentiel aujourd’hui de remercier toujours et encore ceux qui la sauvent : infirmières, aides-soignantes, médecins. Mais aussi ceux qui nous la rendent encore possible, à savoir les salariés des secteurs essentiels à l’économie, et tout particulièrement les caissières, en première ligne.

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