Jeunesse et entrepreneuriat (1) : un enjeu majeur

La secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, a présenté début octobre 2021, le rapport sur la sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat. Un rapport corédigé par Emmanuel Amon et le député François Pupponi. Rencontre avec Emmanuel Amon pour une première interview.

Quelles sont les circonstances qui t’ont amené à rédiger ce rapport ?

Emmanuel Amon : J’ai créé mon entreprise en 2005 et je suis au CJD depuis 2009. Je me suis beaucoup impliqué au CJD national entre 2016 et 2018, en particulier sur les relations extérieures. J’ai beaucoup travaillé pendant ces deux années sur l’influence et la jeunesse. J’ai vendu ma boîte en 2020. J’ai alors reçu un coup de fil du cabinet de Sarah El Haïry, Secrétaire d’État chargée de la jeunesse et de l’engagement qui cherchait « un jeune entrepreneur ayant du temps et une implication dans les mouvements associatifs de jeunesse ». On m’a demandé alors de coproduire un rapport sur la sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat avec François Pupponi, député dans le Val d’Oise. C’était une nouvelle expérience pour moi, je n’ai jamais rédigé de rapport. Mais j’y voyais un bon moyen de faire bouger les lignes. C’est un acte d’influence que je trouvais tout à fait légitime et utile. Voilà comment j’ai été emporté dans ce tourbillon. Nous avons défini un plan d’action assez particulier sur la base de la lettre de mission du ministre. François Pupponi et moi-même avons auditionné une cinquantaine d’associations issues du monde de l’éducation populaire, de l’entrepreneuriat, juniors associations, … Nous avons interviewé également des personnes qualifiées et des conseillers interministériels experts sur les questions d’enseignement et de jeunesse et trouvé dans ces auditions le matériau de notre rapport.

« Faire bouger les lignes »… Qu’entends-tu par là ?

Emmanuel Amon : La question de la jeunesse est un enjeu de société majeur. Par « jeune », en France, nous entendons une personne âgée entre 10 et 30 ans. Cela recouvre des réalités multiples de territoires et de catégories sociales et concerne une population de grosso modo 20 millions de Français. C’est un enjeu de société puisque les jeunes se détournent de la politique. A peine 10 % des jeunes entre 18 et 20 ans s’inscrivent sur les listes électorales. On trouvera toujours des exceptions, des cas particuliers en fonction des classes sociales et du niveau scolaire, mais le constat est celui-là. Les jeunes en majorité travaillent pour gagner leur vie, moins pour construire un projet. Ils n’ont pas confiance dans les « élites » économique et politique. Ils sont extrêmement lucides sur le monde qui les attend et ont pourtant une volonté forte de changer le monde.

Notre finalité à travers ce rapport, c’est de permettre à cette jeunesse de se saisir de l’avenir, de leur donner du pouvoir d’agir, de donner à leur envie de changer le monde une réalisation.

Comment la parole des jeunes a-t-elle été entendue dans l’élaboration de ce rapport ?

Emmanuel Amon : Nous voulions entendre la jeunesse. Nous rédigeons un rapport sur la jeunesse, mais les jeunes, de leur côté, qu’est-ce qu’ils en pensent ? Nous avions besoin de savoir comment eux voient l’entrepreneuriat ? Par le biais de l’association, 100 000 entrepreneurs, 2500 jeunes ont fait part de leur point de vue. Nous les avons amenés à se projeter : « comment vous voyez-vous dans 10 ans ? » Nous en avons tiré deux tendances fortes. D’abord que les jeunes ont aujourd’hui besoin de s’investir dans des activités qui ont du sens. Pour cela, ils doivent s’appuyer sur des rôles-modèles. Ensuite, que les jeunes ne sont plus prêts à sacrifier le personnel au profit du professionnel. Un équilibre doit être trouvé.

Quel premier enseignement peut-on tirer des propositions que vous formulez avec François Pupponi ?

Emmanuel Amon : Nous avons rendu 11 propositions très intéressantes parce qu’elles ont été challengées par les nombreux échanges que nous avons eus avec les associations. Ces 11 propositions prises une par une ne sont pas révolutionnaires ou contraignantes, mais prises ensemble elles fournissent un cadre solide pour changer le regard des jeunes sur l’engagement, l’entrepreneuriat et l’entreprise. Elles donnent des éléments qui permettraient à cette jeunesse de reprendre confiance.


Pour consulter le rapport, cliquez ici

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La rédaction

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