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Le mécénat de compétence, vecteur de développement de l’ESS et réponse à la crise du travail

Aujourd’hui en France, 4 cadres sur 10 ont déjà effectué une reconversion. Plus de la moitié seraient séduits par l’idée d’un changement de vie professionnelle. Un constat qui traduit une crise de conscience majeure vécue par une partie du salariat français. Dans les raisons invoquées pour justifier cette désillusion professionnelle vient en premier lieu la question du sens. Beaucoup d’actifs ressentent le besoin de remettre au cœur de leur vie professionnelle des actions participant à la construction d’un environnement responsable, éthique et durable. Une forme de participation citoyenne novatrice, dans un moment où faire société ne semble plus toujours évident.

Ce constat alarmant appelle des réponses. Parce qu’il n’est pas trop tard pour se rendre utile et replacer l’entreprise au cœur de la cité, le mécénat de compétence s’analyse comme une occasion unique de diversifier les missions des collaborateurs tout en leur permettant une immersion au cœur d’organisations diverses, au service de l’intérêt général. Une acculturation bénéfique pour les entreprises qui, au-delà de fidéliser les jeunes et moins jeunes générations en quête de sens, offrent à leurs collaborateurs une agilité et une ouverture d’esprit précieuse en période de transition. Preuve s’il en fallait de son efficacité, 37 % des salariés ayant eu recours au mécénat de compétence ont eu le sentiment d’être plus motivés dans leur travail.

Onde de choc

Telle est donc la promesse du mécénat de compétences : insuffler du sens à son action en partageant son savoir-faire. Une promesse d’autant plus séduisante, car, au-delà de faire croître l’intérêt du salarié pour son action professionnelle, comme c’est le cas pour 77 % des collaborateurs engagés, le mécénat de compétences se présente aussi comme une aubaine pour les organisations, dans un moment où la crise de sens s’accompagne des prémices d’une crise économique.

Les prévisions quant à l’inflation attendue pour l’année 2022 atteignent en effet les 5,5 %. À titre de comparaison, le choc économique post crise des subprimes en 2008 avait élevé cette dernière à 2,8 %, assortie d’un lot de conséquences bien connues. Une onde de choc qui touchera d’abord l’économie sociale et solidaire, privée de bon nombre des subventions qui permettent son essor.

Un soutien indispensable, donc, pour l’économie sociale et solidaire qui pâtit toujours des conjonctures économiques défavorables. Les volets sociaux au sein des entreprises vont se voir, eux aussi, mis en péril par les exigences nécessaires pour faire face à la crise économique amorcée. Inciter ses salariés à donner un peu de leur temps et à partager leurs compétences apparaît alors comme une solution aussi intéressante d’un point de vue humain que sécurisante d’un point de vue économique pour les entreprises.

Gratifié d’une indemnité fiscale à hauteur de 66 % du salaire des collaborateurs engagés, le mécénat de compétences permet de les maintenir actifs dans leur domaine. Une manière de traverser cette période trouble, et d’être plus performant encore, ou du moins enrichi d’une expérience forte au moment où l’activité retrouvera son rythme de croisière.

Qu’elles soient humaines — à l’échelle du salarié ou de la manière dont s’appréhende plus largement le sens que doit désormais revêtir le travail — ou économiques au niveau local et national, le mécénat de compétences satisfait toutes les exigences des défis qui nous attendent. Peut-être est-il donc temps de le considérer pour ce qu’il est : un puissant vecteur citoyen également capable d’apporter des solutions économiques pour outrepasser les obstacles à venir.


Anthony Baron, CEO d’Adequancy

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