Ecovalim ou comment collecter et valoriser les biodéchets

Chaque français produit en moyenne 270 kg de déchets non recyclés par an, dont un tiers de déchets organiques issus de la table ou du jardin. D’ici à 2025, conformément à la loi de transition énergétique, les communes devront valoriser leurs biodéchets. Un positionnement choisi dès 2011 par Jean-François Miellet, créateur et dirigeant de la société Ecovalim[1].

En 2015, les dépenses de consommation finale en France représentaient 79 % du PIB (Produit Intérieur Brut). Or, qui dit consommation, dit production de déchets.

Avec seulement 10 % de la population française concernée par les mesures de collecte des biodéchets, la France figure parmi les plus mauvais élèves de la classe européenne.

Parmi les déchets non recyclés, un tiers correspond à des déchets alimentaires, soit environ 90 kg par français. Avec seulement 10 % de la population française concernée par les mesures de collecte des biodéchets, la France figure parmi les plus mauvais élèves de la classe européenne, très loin derrière l’Autriche (80 %) ou l’Allemagne (plus de 60 %). C’est pour rattraper ce retard considérable que la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte impose à toutes les communes de mettre en place, d’ici cinq ans, une structure de collecte de biodéchets à la source, directement chez le citoyen.

C’est dans ce contexte que depuis 2011, Ecovalim collecte, transforme et valorise les déchets alimentaires. « Notre entreprise, explique Jean-François Miellet, a développé une technologie spécifique concernant deux sources de biodéchets : le marc de café et l’huile alimentaire. Concrètement, plus de deux milliards de tasses de café sont bues chaque jour dans le monde et 600 000 tonnes de marc sont jetées à la poubelle chaque année en France. Or, le marc de café peut être utilisé dans de nombreux domaines. Les fameux remèdes de grands-mères évidemment : dégraissant, nettoyant, répulsif… et aussi en source d’énergie et matière première. »

Le marc de café, un combustible performant

Ecovalim collecte le marc de café des restaurateurs, cafés, hôtels, syndicats de communes, collectivités locales, hôpitaux… et le transforme en différents produits : combustibles, granulés, bûches, compost, écocarburant… Le contenant de collecte et la fréquence de celle-ci sont adaptés à chaque client. « Avec le marc de café, nous produisons des produits énergétiques, des bûches mélange de marc de café et de bois de palettes ou de cageots, du fertilisant en granulés et des produits plastiques biosourcés comme des seaux à champagne, des plateaux limonadiers ou de cantine. Une bûche faite en marc de café a un PCI (pouvoir calorifique inférieur) plus important que le bois standard de résineux. Autrement dit, elle fournit plus d’énergie et son taux de cendres est très faible. De plus, bûches ou granulés peuvent être utilisés sans avoir besoin de changer de poêle à bois et sont à des prix très compétitifs. » L’entreprise collecte également les huiles alimentaires et les livre à des entreprises capables de les transformer en sources d’énergie renouvelable.

Ecovalim valorise aussi le carton et le verre pour leur donner une nouvelle vie ainsi que les vieux seaux. Ces derniers peuvent, en fonction du type de plastique, devenir par exemple des tapis ou des masques chirurgicaux.

Une entreprise au service du développement durable local

Jean-François Miellet

Dès l’origine, afin de limiter son impact carbone, Ecovalim a privilégié les échanges circulaires dans la région lyonnaise en établissant une proximité entre le point de collecte et le centre de traitement. Depuis deux ans, pour se développer durablement dans un marché en pleine croissance et donc très compétitif, la société Ecovalim s’est rapprochée de Gecco, une entreprise solidaire située dans les Hauts-de-France qui conçoit depuis 2007, des solutions pour valoriser les déchets de la restauration en circuit court. Ensemble, les deux sociétés ont créé le réseau Geccovalim. « Adhérer au réseau, poursuit Jean-François Miellet, c’est adopter une charte de bonne conduite et s’engager autour de valeurs. Actuellement, 7 entreprises nous ont rejoint ce qui nous permet d’être présents dans le Nord, en Normandie, Île-de—France, régions Centre et Auvergne Rhône-Alpes. »

Forte de ses premiers succès, Ecovalim poursuit sa politique de R&D dans le domaine de la transformation de nos biodéchets… mais impossible d’en savoir plus !


[1] Ecovalim a été créée en 2011. Implantée à Vourles au sud-ouest de Lyon, elle compte une quinzaine de collaborateurs.

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