COVID-19 : comment la solidarité s’organise partout en France

© Can Stock Photo / nlrsox

La crise sanitaire liée au Covid-19 a ébranlé le monde. Y compris celui des entreprises, des dirigeants, des salariés, des soignants… Parfois pour le mieux. Voici quelques initiatives teintées de solidarité qui permettent d’affronter la vague avec positivité.

Le Covid-19 a redistribué les cartes dans bon nombre de domaines. Pour lutter contre la propagation du coronavirus, l’annonce d’un confinement, mardi 17 mars 2020, a contraint le pays entier à s’adapter. Au beau milieu de ce cataclysme, l’entraide est apparue comme des rayons de soleil qui transpercent un ciel gris.

Prendre soin de soi et de ses collègues

À l’hôpital Victor Provo de Roubaix, l’équipe de suivi des patients suicidants menée par les docteurs Isabelle Milhavet et Jean-Christophe Piquet a immédiatement réagi en créant un groupe WhatsApp. État de chacun, traits d’humour ou réflexions autres (gardes d’enfants, etc) ont témoigné d’une remarquable bienveillance des uns envers les autres. Un soignant qui prend soin de lui-même et de ses collègues est un soignant sain… Par souci du secret médical, les transmissions concernant les patients et les entretiens avec ces derniers sont quant à eux demeurés inchangés. « Nous ne pouvons que féliciter les nombreuses initiatives qui ont émergé. Un numéro de réécoute pour les professionnels de santé, soignants ou non, les services RH ou du SI qui permettent d’assurer la continuité du lien avec les patients et entre professionnels, les services hôteliers assurent toujours les plateaux-repas des patients comme des soignants… Tout ceci permet le maintien de la continuité de la prise en charge » explique Maud Piontek, responsable de la communication des EPSM (Établissements Publics de Santé Mentale) de l’agglomération lilloise.

Assurer la continuité de la chaîne alimentaire et sanitaire

À Bordeaux, Laurent Rouix, responsable commercial à KSB — un fabricant de pompes, de robinetterie et de systèmes électroniques associés — explique l’évolution de la situation inédite à laquelle son entreprise a du faire face : « les employés administratifs ont été envoyés chez eux pour effectuer du télétravail. L’ensemble des employés a pu être équipé en quelques jours. Les réunions ont été donc possibles grâce à Skype for Business, des groupes de discussions se sont crée pour échanger des informations rapidement. Des outils informatiques jusque là peu utilisés sont devenus désormais indispensables. Et même si l’effectif se réduit petit à petit à cause des quarantaines et des suspicions virales, le reste des équipes assure un service minimum. Par-dessus tout, nous avons pensé à la nécessité d’assurer la continuité de la chaîne alimentaire et sanitaire : à titre d’exemple, nous avons fabriqué, livré et mis en service une pompe Multitec pour l’hôpital de Besançon ».

Alimenter un CHU en produits frais

Revenons dans le Nord, à mille kilomètres de là. Un cas d’intelligence et de bonté a secoué les Internets. À Boeschepe, le chef Florent Ladeyn, officiant à L’Auberge du Vert Mont a eu une idée de génie. Le cuisinier flamand s’est penché sur les paniers de légumes de son maraîcher. « Je sais que les maraîchers vont en baver. Qu’on a besoin d’eux. Que les gens mangent des conserves et des pâtes or on est mieux à manger des légumes frais », nous dit-il de façon pragmatique et humble. Mais il est allé encore plus loin. Florent Ladeyne a acheté des paniers à dix euros et les a revendus onze. En y ajoutant à chaque fois un euro de sa poche. Les deux euros excédentaires lui ont alors permis de payer d’autres paniers… Destinés à être apportés au CHU de Lille. Une chaîne de solidarité producteur-acheteur qui a touché les salariés du deuxième meilleur hôpital de France.

D’autres entités, dans une sorte de Plan Marshall local, ont aussi pensé à leurs prochains : des mairies, associations ainsi que des hôtels ont imprimé une multitude d’attestations de déplacement dérogatoire* qu’ils ont laissées dehors, accrochées aux vitres et à disposition de tous. De cette pandémie, une réelle prise de conscience de l’importance d’une cohésion au travail, d’une consommation locale, d’une solidarité étendue, est née. Espérons que cet état d’esprit subsiste une fois les beaux jours de retour.

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