« L’urgence du vivant »: comprendre le monde et se préparer à l’avenir

Il y a des livres qui rendent intelligent. Sans prétention aucune et au sens le plus strict.

Le mot « intelligence », désignant la faculté de comprendre les choses et les faits, tire en effet son origine de la fusion des mots latins inter (entre) et ligare (relier). Comprendre, c’est faire des liens entre des concepts, des domaines, des enjeux le plus souvent séparés.

Tenter de comprendre ce monde décidément complexe et compliqué, dans lequel tout interagit en boucles infinies, semble relever de la gageure. Essayer de trouver un sens à ses transformations profondes, la plupart du temps silencieuses mais parfois aussi violentes et cacophoniques, semble aujourd’hui un défi insurmontable.

En effet, notre mode de raisonnement habituel, dit réductionniste, ou en silo si vous préférez, ne nous équipe pas de manière satisfaisante pour cela. Nous avons besoin de « casser les cloisons », de relier les informations et les savoirs, mais aussi de réconcilier notre intelligence émotionnelle avec celle, plus analytique, de la raison.

Une exploration du présent et des futurs immédiats possibles

Avec L’urgence du vivant, Dorothée Benoit-Browaeys a réalisé un travail impressionnant, qui permet de mieux comprendre les grands défis posés par la confrontation brutale des sociétés humaines aux limites de la biosphère. A travers un regard à la fois systémique et synthétique embrassant l’histoire, l’économie, la sociologie, l’anthropologie, la culture, l’économie, la biologie et l’écologie, elle nous offre les clés de lecture nécessaire pour décrypter les informations et parfois, aussi, démystifier certains des discours les plus envahissants. On pourrait craindre une somme indigeste mais il n’en est rien. Sans rien masquer de la dureté des faits, Dorothée Benoit-Browaeys mobilise sa plume élégante et sobre, sa sincérité et sa sensibilité, ainsi que, il faut bien le dire, une réelle érudition pour accompagner le lecteur dans cette exploration du présent et des futurs immédiats possibles.

Se préparer à l’avenir

Dorothée Benoit-Browaeys, L’urgence du vivant – Vers une nouvelle économie, Editions François Bourin, 2018.

Comme le rappelle le titre du livre, il y a urgence : nul ne peut plus aujourd’hui le nier. Mais en revenant à l’essentiel, le vivant, « ce bien commun qui inclut tous les autres », Dorothée Benoit Browaeys nous offre, de manière surprenante, un atterrissage en douceur qui laisse le lecteur apaisé, ses énergies prêtes à être mobilisées pour l’action. Si « chercher à comprendre, c’est déjà résister », comme je le rappelais en ouverture de Permaéconomie, une bonne compréhension des tectoniques sociales, économiques, technologiques et écologiques à l’œuvre est aussi le premier pas vers l’autonomie. L’urgence du vivant est une lecture indispensable pour comprendre le monde et se préparer à l’avenir. Non pour le subir, mais pour contribuer activement à sa construction.


Emmanuel Delannoy

Partager cet article :

Contribution

Ça peut vous intéresser

Laisser un commentaire

À propos du CJD

Créé en 1938 par Jean Mersch, le CJD demeure le plus ancien mouvement patronal français. L’association compte plus de 5000 membres – Entrepreneur·e·s et cadres dirigeant·e·s – réparti·e·s en France et représentant 432 087 d’emplois. Imaginé à partir de la conviction profonde qu’une économie au service de l’Homme incarne la clef de la compétitivité des entreprises hexagonales, le mouvement demeure non partisan et force de propositions concrètes pour relancer l’emploi et pérenniser les entreprises. 

Retrouvez le CJD sur ces réseaux :