Les 5 mécanismes psychologiques qui nous empêchent de changer

Incontestablement un temps fort lors de ce congrès : l’intervention remarquée de Thomas d’Ansembourg. Face aux changements nécessaires que nous devons opérer, il nous faut nous libérer de cinq écueils puissants.

Ancien avocat, Thomas d’Ansembourg a changé radicalement de voie en devenant psychothérapeute. Il est l’auteur du best-seller Cessez d’être gentil, soyez vrai — Être avec les autres en restant soi-même (Éditions de l’Homme, 2001) dans lequel il développe l’idée que pour avoir une vie intérieure riche, nous devons tous nous poser deux questions. Suis-je suffisamment inspirant ? Suis-je suffisamment inspiré ? S’intéresser au développement de sa vie intérieure, ce n’est pas seulement se focaliser égoïstement sur quelque chose d’intime. C’est aussi envisager notre rapport à l’autre. Car la qualité de notre vie intérieure a un impact sur les autres.

Au congrès 2022 de Toulouse, Thomas d’Ansembourg a identifié les 5 pièges, les 5 mécaniques mécanismes autobloquants qui empêchent de changer et de migrer vers une vie intérieure plus féconde. Le changement passe par une prise de conscience préalable : si on fait ce que l’on a toujours fait, on obtient ce que l’on a toujours obtenu. Il faut donc faire autrement, « pivoter ». Mais c’est difficile. Car trop souvent, nous préférons une souffrance connue à un changement inconnu. « Ce qui a servi nous asservit », pour reprendre la punchline de l’auteur belge.

Thomas d’Ansembourg, invité du congrès national du CJD de Toulouse, le 12 mai 2022.

Premier piège : la culture du malheur

C’est une programmation profondément ancrée en nous. Nous avons un attachement à la souffrance et nous devons y renoncer. Nous devons développer la capacité à nous saisir des joies qui s’offrent à nous tout en sachant qu’elles sont fugaces, qu’elles disparaîtront. Être heureux, c’est profiter des instants de bonheur au quotidien sans vouloir absolument les retenir.

Deuxième piège : la culture du rapport de force

C’est tellement plus simple de contraindre que de coconstruire… du moins en apparence. Nous sommes tous plus ou moins pollués par cette tendance à vouloir nous affirmer par la force. C’est peu efficace et destructeur. Il importe donc de régulièrement prendre « une douche psychique », de travailler à « son hygiène de conscience ». « Si je ne me nettoie pas, je pollue mon entourage ». Pour cela, une condition indispensable : savoir écouter ses besoins. Les écouter plus que les satisfaire d’ailleurs. C’est la base pour coconstruire des moments d’empathie, de collaboration et d’écoute.

Troisième piège : la culture de la méfiance par rapport aux choses et aux gens

Nous pensons à tort que la première loi qui régit les rapports interpersonnels, c’est la fameuse loi de la jungle, basée sur la compétition. Autrement dit, la loi du plus fort. Nous devons abandonner cette idée fausse et contre-productive. La loi qui régit les relations entre les êtres, c’est l’entraide, comme le souligne Pablo Servigne. Nous sommes naturellement disposés à nous entraider. Nous avons pu le mesurer ces deux dernières années, ou des liens de solidarité extraordinaires et insoupçonnés se sont révélés.

Quatrième piège : la culture de la division

Nous sommes victimes de la pensée binaire qui tend à séparer au lieu d’unir, qui exacerbe les différences et nie les complémentarités. Le corps et l’âme, moi et toi, l’humain et la nature… En acceptant les schémas de cette pensée binaire, nous négligeons toujours un terme au profit de l’autre, nous tombons dans le manichéisme. C’est ainsi que ces dernières décennies nous avons privilégié l’humain sur la nature, alors que l’humain fait partie de la nature. Nous en mesurons aujourd’hui le prix. Il faut savoir penser la contradiction, travailler à réunir les opposés : c’est le propre de la pensée complexe.

Cinquième piège : la lutte contre le temps

Le temps est malheureusement trop souvent considéré comme un ennemi, un élément contre lequel nous devons lutter. Nous sommes obnubilés par le faire, par l’agitation. « Nous préférons faire plutôt qu’être ». Or, dans ce combat, le temps sera toujours vainqueur. « Pourquoi courir contre au lieu de marcher avec », rappelle Thomas avec sagesse. Ralentissons et retrouvons les choses essentielles.

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La rédaction

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